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Voici
l'interview de Jean-Marc Boizard, membre de l'opposition concernant le projet
de la place de la Brèche. Il nous émet dans ce résumé ses doutes et son point
de vue.
« La
place de la Brèche est le cour de notre ville et le projet actuel va bousculer
la circulation déjà très fragile à Niort. Puis la construction d'un cinéma,
d'une brasserie et d'une cité d'assurance va coûter 50 millions d'euros. Je
remarque beaucoup d'inquiétude dans les yeux des niortais. Notre patrimoine
sera distribué à des intérêts privés. Tout cela a été organisé sans l'avis des
niortais et pourtant il s'agit de décisions durables pour les citoyens au
travers des impôts ou de la vie économique du centre-ville, donc de vos propres
finances.
Mais
il faut que de simples citoyens se mêlent de la vie publique. Et puisque
personne ne veut nous entendre, un Référendum d'Initiative Populaire s'est
constitué pour vous offrir l'occasion de faire savoir ce que vous voulez.
Il
n'est pas question pour nous de jouer à des jeux politiques, ni question de
privilégier des intérêts particuliers, nous désirons seulement que la vraie
démocratie fonctionne et que votre avis soit respecté.
Tous
les niortais doivent se sentir concerné par ce projet car la Brèche est devant
la porte de tous les niortais.
La
nécessaire rénovation de la place de la Brèche, qui a été laissée à l'abandon
par cette même équipe municipale depuis plusieurs décennies, devrait redonner à
cet endroit crucial de notre ville une apparence moderne, propre et pratique.
Les
parpaings dressés qui ont servi à remplacer des balustres en pierre, les
lampadaires crevés, les poubelles disparates, les édicules incohérents, les
statues disparues ou salies, sont le symbole de la désaffection de la
municipalité pour le cour de notre ville, tandis que le coût du stationnement
n'y est plus supportable pour les salariés travaillant dans le centre.
Les
niortais se sont aperçus que les projets qui leurs sont présentés ne
correspondent ni à l'utilité qu'ils en attendent, ni aux finances de leur ville
dont la fiscalité est décourageante.
Fort
des réactions qu'ils ont bien voulu me manifester, j'ai progressivement et
respectueusement émis des critiques, des propositions, des ébauches de
contre-projets, mais vous devez savoir que je n'ai pas du tout été entendu,
j'ai perdu mon temps en réunions municipales, risquant même de devenir un alibi
de concertation.
Les
niortais veulent pouvoir se garer, et continuer de profiter d'un espace vert le
plus grand possible en centre-ville. Ils sont prêts à se garer en sous-sol pour
avoir en surface plus de verdure et d'arbres.
Ces
objectifs :
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Un stationnement d'au moins 3000 places.
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Un espace vert vaste, propre, calme et sûr.
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La possibilité d'accéder à la Brèche en voiture.
Ils
pourraient être remplis pour la moitié du budget que la municipalité veut
engager, et dont elle n'a à ce jour pas le premier euro en réserve, malgré
d'énormes économies sur l'entretien de la place, et des recettes de
stationnement en augmentation constante.
L'implantation
d'un cinéma est un objectif louable, l'animation du centre en recevant
évidemment les fruits, encore qu'il faudra prouver que les niortais dépensant
leur argent en tickets de cinéma arriveraient à plus enrichir leur ville que
des touristes, dont l'argent vient de l'extérieur.
Il
est évident que l'exploitant de ce multiplex, lui, veillera à s'enrichir, alors
que notre ville verra ses habitants dépenser.
L'octroi
à l'une des Mutuelles niortaises, au détriment des autres, d'un espace public
sur la Brèche est également une erreur, c'est le gaspillages de notre bien
commun pour des intérêts qui ne le sont pas, et pour implanter un équipement
qui peut tout à fait être un bon projet, là n'est pas le problème.
Le
bâti riverain de la Brèche peut parfaitement remplir les besoins éventuels de ce
projet de cité des Assurances, sans destruction de notre place.
Pourquoi
des banques ne demanderaient elles pas aussi à profiter de l'espace public si
facilement offert ?
La
place de la Brèche doit demeurer à la disposition de tous et pas être bradée à des
intérêts privés.
Pire
les cafetiers et restaurateurs autour et à proximité de la Brèche n'ont à ce
jour eu le choix de payer des taxes et voici que la municipalité leur fait
cadeau de créer une brasserie sur la Brèche !
Mais
peut être que la durée des travaux et leur impact sur le commerce aidant,
ajoutée à l'impossibilité de circuler ou de stationner pendant trois à cinq
ans, tous les commerçants, cafetiers, restaurateurs ayant d'ici là fermé
boutique, comme le restaurateur de l'avenue de Paris?
Le
plus important, c'est la taille de notre place. Ce magnifique capital d'espace
ne doit pas être gaspillé dans des projets grandioses financièrement et
inutiles pour le quotidien des niortais.
D'autres
buts sont gravement négligés par le projet municipal : la part du
financement allouée aux transports en commun est du dixième en comparaison avec
les deux projets inutiles, alors que l'automobile est décrite comme un fléau
qu'il faut chasser de la ville.
Niort
a la chance d'être une ville à forte proportion d'automobilistes, et au lieu de
réfléchir à des solutions pour permettre les déplacements, atténuer les
nuisances, préserver la sécurité, la municipalité, sans encourager les
transports en commun, veut réduire autoritairement les flux automobiles.
Quel
sera le coût de l'inondation d'un stationnement souterrain relégué en partie
basse de la place de la Brèche, à cause du cinéma et des Assurances qui
s'octroieront tout le haut ?
Pourquoi
empêcher les automobilistes de se garer, faut-il les reléguer à Mendès France
et Chauray ?
Sera-t-il
plus facile d'aller faire ses achats à La Rochelle, comme toujours depuis
Niort, ou à Nantes, comme de plus en plus depuis l'autoroute ?
Les
touristes qui arriveraient en bus de toute l'Europe pour visiter le Marais,
veut on définitivement les laisser poursuivre leur trajet vers l'Espagne ?
Serons
nous enfin protégés des inondations ?
La
circulation se fera-t-elle sans bouchons quotidiens ?
Maintenant,
c'est de sauver notre ville qu'il s'agit, et les conséquences des erreurs en
cours pourraient peser lourd sur beaucoup de niortais personnellement. »
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